Séminaire "La distance à la norme" — 1. "L'institution et la marge"

Séminaire

Atelier du Pôle 2 "Pouvoirs, normes et conflits"

Les discussions qui ont servi à définir ce nouveau pôle de recherche au sein de l’IRHiS ont posé la question de l’utilité de la « norme » pour nos travaux d’historien. Assimilée à la règle, à ce qui est explicitement souhaitable, licite, permis ou beau, la norme peut aussi, quantitativement être proche de l’idée de standard, de ce qui est conforme à la moyenne. Mais la norme ne se manifeste pas seulement par la codification. Implicite, elle est plus ancrée et ne se prête à aucune remise en question. Surtout elle est définie par les écarts à la norme, les moments où la norme est transgressée. Si les transgressions sont observées et corrigées, la norme gagne en précision et en efficacité. Si elles ne le sont pas, la norme peut bouger, se modifier... ou perdre son pouvoir.

Ces premiers ateliers considèrent divers cas historiques où on s’éloigne de la norme, sans nécessairement la remettre en question. C’est ainsi que nous parlons de la « distance à la norme ». Il peut s’agir des cas où la norme s’adapte mal aux réalités, lorsque l’idée de « combattant » ne correspond pas aux réalités des conflits urbains, par exemple, ou bien que le concept de « nation » couvre difficilement l’expérience d’une population. La norme peut s’adapter, pour inclure des corps de malades exclus antérieurement, ou s’inverser, dans la manipulation de la comptabilité pour l’optimisation fiscale. La « distance à la norme » peut être physique, aussi, dans l’expérience des exilés conservateurs dans les Caraibes ou dans l’application de normes techniques radiophoniques dans l’Afrique coloniale. Dans d’autres circonstances, la norme est tellement présente que nous pourrons presque parler de la « proximité à la norme », dans les hôpitaux psychiatriques, psychiatriques ou dans la police. Mais même dans ces cas, la norme est loin d’être figée.

Les premiers ateliers du pôle 2 se veulent surtout un espace de discussion libre où les membres du laboratoire peuvent présenter leurs travaux en devenir. Il s’agit de présentations informelles, pour faire avancer nos projets individuels et découvrir nos thématiques en commun. Ces premiers ateliers serviront à réfléchir sur l’évolution du pôle dans les mois et les années à venir.

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