Soutenance de thèse d'Elise Urbain

Soutenance de thèse

"La mode du négligé et le porlrait français. De la "sprezzatura" au "naturel", 1670-1790"

vendredi 14 février 2020 à 14h00,  Maison de la recherche, Bâtiment F, salle: F0.15, Université de Lille, site du Pont de Bois, Villeneuve d'Ascq

Le Jury
Patrick Michel, directeur de thèse, IRHiS, ULille
Denis Bruna, co-directeur, Musée des Arts décoratifs, École du Louvre
Vanessa Alayrac-Fielding, Université de Lille
Christophe Martin, Sorbonne Université, Faculté des Lettres
Anne Forray-Carlier, Musée des Arts décoratifs
Véronique Meyer, Université de Poitiers - Faculté des Sciences Humaines et Arts

Résumé
Le choix des vêtements représentés dans un portrait est rarement anodin, et ceci est particulièrement vrai à l'époque moderne. Les significations de nombreux attributs et costumes officiels ont été largement étudiées et commentées, mais qu'en est-il des portraits en négligé ? À partir des années 1670, le sens du tenne « négligé » prend une nouvelle acception moins péjorative et qualifie des vêtements confortables, opposés à la grande parure. Il s'agit de déterminer les circonstances qui amènent à une revalorisation du point de vue sur le négligé et expliquer son succès dans le portrait. La question est posée dans le cadre des relations entre la France et l'Angleterre faites d'alternance de périodes d'assimilation et de rejet dont les effets sur les pratiques artistiques ne sont plus à démontrer. Au XVIIIe siècle, le terme « négligé » désigne aussi bien des vêtements que des styles artistiques en peinture ou littérature, ou encore une attitude totalement artificielle liée chez les femmes au rituel codifié de la toilette : il concerne les pratiques sociales d'élites caractérisées par un souci constant de la représentation. Par certains aspects, le négligé évoque la « sprezzatura » de Baldassare Castiglione, mais au cours du XVIIIe siècle il est rapproché de, ou opposé à, l'idée de « naturel ». Enfin, la diffusion des modes négligées est à lier au rejet des codes de la parure, contribuant au brouillage de la hiérarchie sociale d'Ancien Régime et permettant une affirmation individuelle au détriment de l'identité de groupe. De nouvelles clefs de lecture sont ainsi données pour des portraits dans lesquels la représentation des vêtements ne paraissait pas significative.